L’immobilier américain a grugé le rendement de la Caisse de dépôt en 2024
La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) affiche un rendement annuel de 9,4 % en 2024, un résultat qui est toutefois en deçà du rendement de son portefeuille de référence à 11,8 %, en raison d'une situation « difficile » dans les investissements immobiliers. Cela signifie que la croissance du portefeuille de l'institution a été inférieure à celle des indices auxquels elle compare sa performance. Le président et chef de la direction de la CDPQ, Charles Emond, a présenté mercredi matin les résultats financiers de l’institution pour l’exercice 2024. Il a notamment insisté sur la bonne performance du Régime des rentes du Québec, un des 48 déposants de la CDPQ, considérée comme le « bas de laine des Québécois », qui a affiché un rendement de 11 % l'an dernier. Le rendement de 9,4 % en 2024 se traduit par une augmentation de l'actif net de la CDPQ de 40 milliards de dollars, pour un actif total de 473 G$. Sur cinq ans, l'institution rapporte un rendement annualisé de 6,2 %, ce qui demeure au-dessus de son portefeuille de référence à 5,9 %. Sur dix ans, la tendance est similaire. Sur les marchés boursiers, la CDPQ a profité de l'envolée des titres, notamment technologiques, avec un rendement de 25,5 % en 2024, ce qui surpasse l’indice de référence de la Caisse dans cette catégorie (+24,1 %). Cette catégorie d'actifs représente environ un quart de l’actif total du bas de laine des Québécois. Par ailleurs, les hauts dirigeants de l'institution notent que les marchés boursiers connaissent leur plus grande concentration en 125 ans, avec des indices boursiers qui sont dominés par les grandes capitalisations technologiques américaines. Les placements privés de la CDPQ ont aussi rebondi en 2024, avec un rendement de 17,2 %, ce qui est inférieur à l'indice de référence (+20,8 %), en raison de la sous-exposition de la Caisse aux marchés publics portés par les grandes entreprises technologiques. Par ailleurs, la Caisse a indiqué que son investissement de 200 M$ dans Northvolt ne valait plus rien dans ses livres comptables, à la suite de la décision de l'entreprise suédoise de se placer à l'abri de ses créanciers. C'est dans le portefeuille en immobilier que le bât blesse, avec un rendement de négatif de 10,8 %, par rapport à une augmentation de 1 % du portefeuille de référence. Selon la CDPQ, la surexposition de l'institution dans des actifs de bureaux, et leur concentration à Chicago et à New York, ont plombé ses résultats dans cette catégorie, qui représente 11 % du portefeuille global de l'institution. Face à cette situation, Charles Emond souligne qu'Ivanhoé Cambridge, la division immobilière de la CDPQ, est en train d'abandonner son rôle traditionnel d'opérateur pour devenir plutôt un investisseur. C'est un travail de fond en comble. Avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Charles Emond note qu'une incertitude se manifeste au niveau macroéconomique chez nos voisins. Il prend l'exemple des marchés européens qui sont en hausse de 10 % depuis l'arrivée de Trump au pouvoir, tandis que les marchés américains n'ont cru que de 1 % Face à cette situation, la CDPQ rappelle l'accent qu'elle met sur la diversification de ses investissements pour avoir un portefeuille Notre portefeuille a démontré qu'il est capable de passer à travers beaucoup de turbulences. Par ailleurs, le haut dirigeant a défendu bec et ongles en conférence de presse le PDG de CDPQ Infra, Jean-Marc Arbaud, au moment où le Réseau express métropolitain (REM) connaît une suite de ratés. Il ajoute que ce sont plutôt les entreprises à l'origine de la conception du REM, Alstom et AtkinsRéalis, qui ont à regagner sa confiance.Des portefeuilles d'actions performants
On est bien exposé à la technologie et à l'intelligence artificielle, mais on le fait de façon responsable. On ne met pas tous nos œufs dans le même panier
, explique Vincent Delisle, premier vice-président et chef des Marchés liquides à la CDPQ.Des défis dans l'immobilier
Les défis de l’industrie immobilière se sont poursuivis en 2024, en raison principalement des enjeux persistants du secteur des bureaux
, écrit l'institution dans son communiqué.Ça semble simple, mais c'est une foule de mesures différentes
, explique-t-il.Le portefeuille en immobilier, ce sont des centaines et des centaines de propriétés qu’on détient. En infrastructure, c’est à peu près 50 dossiers. Alors, il y a une mise à l’échelle à faire, il y a un repositionnement qui a commencé à être fait. On a sorti la gestion de propriété – ça, c'est un changement de métier.
L'effet Trump
Peut-être que l'intention [de Donald Trump], c'est de créer le chaos à l'étranger pour pouvoir négocier, mais pour l'instant, il est en train de créer un certain chaos et une incertitude chez lui
, explique le dirigeant.résilient
. L'institution prévoit aussi différents scénarios pour bien se positionner pour certaines éventualités
, comme les tarifs douaniers que Trump promet imposer aux produits canadiens dès le 4 mars.Jean-Marc Arbaud a toute ma confiance, et celle du conseil d'administration
, a-t-il affirmé. Sans Jean-Marc Arbaud, il n'y a pas de REM.
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